14 rue Edgar Guigot   -   71500 LOUHANS

 

Pourquoi un musée d'histoire et de culture des sourds ?

Parce que les sourds ont une histoire :

Cette histoire se confond en partie avec celle de l'éducation spécialisée, dans laquelle la France a joué un rôle pionnier depuis l'entreprise émancipatrice de l'abbé de l'Épée (1712-1789).

C'est aussi l'histoire que les sourds ont construite eux-mêmes, celle des innombrables associations dans lesquelles ils se sont regroupés pour lutter contre leur isolement, défendre leurs droits civiques, inventer des formes originales de sociabilité.

Parce que les sourds ont une culture :

La culture sourde est constituée par le patrimoine de savoirs, de représentations et de signes que les sourds se transmettent de génération en génération, pour apprendre à vivre dans un monde entendant.

Langue à part entière, construite au fil des générations, la langue des signes possède les mêmes fonctions et la même richesse que toutes les autres langues de l'humanité. Interdite en 1880 dans les écoles spécialisées, elle s'est transmise dans la semi-clandestinité des dortoirs et des cours de récréation, et s'est perpétuée dans le monde des sourds adultes grâce aux rencontres sportives et culturelles. Aujourd'hui, les entendants, conquis par la richesse et la beauté de cette langue, sont de plus en plus nombreux à l'apprendre.

LOUHANS, haut lieu de l'histoire des sourds

Louhans est la ville natale de Ferdinand Berthier (1803-1886), premier sourd-muet à accéder au grade de professeur à l'Institution nationale des sourds-muets. En 1838, Berthier fonde la Société universelle des sourds-muets, la première association au monde de ce genre, bientôt imitée dans toute l'Europe. Il devient le chef incontesté de la communauté sourde, bataillant sans relâche pour la reconnaissance de la langue des signes. Il est inhumé à Sagy, non loin de Louhans, lieu de sa résidence familiale.

La décision de créer un musée des sourds a été officialisée en mai 1999 par Armand Pelletier devant le congrès de la Fédération nationale des sourds de France réunie à Louhans. Elle a été rendue possible par un don d'archives historiques d'une valeur exceptionnelle grâce à la générosité du Général Jehan Pinart, arrière petit-fils de Théophile Denis, qui était un ami personnel de Ferdinand Berthier.

La mémoire de ce héros de l'histoire des sourds est inscrite dans l'espace public louhannais par un buste réalisé par un artiste sourd Jean Pierre Malaussena, une rue Ferdinand Berthier et plusieurs plaques commémoratives à Sagy.

Avec l'appui de la municipalité, le musée est installé dans une annexe de l'Hôtel-Dieu de Louhans, où le père de Ferdinand Berthier exerçait les fonctions de chirurgien.

 

Le musée expose tous les aspects de l'histoire et de la culture des sourds :

  • L’histoire, riche et complexe, de chacune des nombreuses écoles pour des enfants sourds.
  • Le rôle des professeurs sourds dans l’enseignement en langue des signes.
  • La vie sociale des enfants sourds en institution.
  • L’épopée du sport sourd, qui a ses propres jeux mondiaux.
  • l'histoire de la vie associative.
  • L’histoire de la langue des signes, les dialectes régionaux, la création lexicale, l’humour en signes…

Des expositions temporaires permettront d’illustrer des thèmes particuliers, comme l’histoire de l’interprétation en langue des signes, ou les représentations du sourd au cinéma.

Grâce à ses archives, ce musée, le seul de ce genre en France, vise à être aussi un centre de recherche sur l’histoire et la culture des sourds.


Les collections (actuellement six cent pièces) sont constamment augmentées par des achats, et surtout par des dons de la population sourde. Celle-ci a un rôle essentiel à jouer pour la réussite d’un musée qui sera le sien, témoignant d’un passé passionnant, mais très mal connu car occulté par l’interdiction de la langue des signes pendant un siècle.

Nous comptons sur elle pour enrichir les collections des témoins matériels de ce qu’a été l’histoire des sourds au XXe siècle, période qui reste paradoxalement la plus mal connue : journaux (la presse silencieuse a été très prolifique, mais même les collections de la Bibliothèque nationale restent très incomplètes), archives associatives, correspondances, photographies, cartes postales d’écoles pour sourds, documents de toute nature….